L'Etranger

12-17

Clinique dimanche 12 novembre 2017

Les années ce sont écoulés depuis mon exaltation, précisément deux ans, maintenant je ne sais plus qui je suis et qui je dois être. Je crois que dans cette phrase le plus important est le ''qui je dois être'', j’essaye de retrouver mon essence dans mes anciens écrits, c’est comme-ci le monde m’avait détruit, ils ont réussi à me prendre tout ce que j’avais.
Avant tout cette haine viscéral de l’autre qui s’est transformé en peur, je ne devrais pas avoir peur des chiens et des mécréants, je suis plus forte que ça.
La société je la haie, pourquoi ne pas l’affirmer haut et fort ? Je haie ces sensations qui occulte mon corps, des demain je reprendrais le contrôle de ma vie et j’arrêterais de manger. Je n’ai pas besoin de ça, je peux très bien m’en passer et me nourrir de prana. Je me remettrais aussi au sport, oui dès demain.
Dans tout ça, il faudrait que j’ai un but, comme avant celui de me séparer du lycée au plus vite, mais là je n’ai aucune envie de ce genre, mon cadre de vie me va très bien, ne rien faire tout aussi bien.
Oui je suis contre productive, mais ça ce n’est pas mon problème, je veux une vie riche et instructive mais elle ne passera pas forcément par un métier. Je peux m’instruire dans les livres, dans les films, à travers la nature et la marche…

Lundi 13 novembre 2017

On m’a demandé d’écrire quand et où je me sentais anormale, tout d’abord quand je parle avec les gens, je me sens figé, je n’arrive pas à rigoler sinon mes lèvres tremblent en un petit rictus, je me force à fumer pour être les gens. Je n’ose pas parler dans un groupe même sécurisant, ici au centre je connais bien une personne mais lorsque je me retrouve avec d’autres en sa présence je n’arrive plus à parler. J’aimerais dans ces moments là pouvoir discuter aisément. Je passe également ma main dans les cheveux quand il me semble bon d’avoir l’air moins figé, ou je fais semblant de me gratter le nez.
Dans la rue je me sens à côté de la plaque, je fais semblant de marcher, de tourner en rond quand j’attends le bus, je m’éloigne le plus possible des gens, j’ai peur qu’il m’entende si jamais on m’appelle ou bien qu’il me juge, m’analyse en voyant mon comportement. L’autre jour j’ai préféré rester sous la pluie plutôt que de m’abriter sous l’abri de bus, j’aurais aimé être au sec.
Lorsque je suis dans le bus je me met le plus au fond possible pour pouvoir observer du coin de l’œil chaque personne, sans les regarder directement, ça me stresse qu’il y est des personnes derrière moi. Si je suis seule je reste les yeux braqués sur mon téléphone en me forçant de temps en temps a regarder par la fenêtre pour avoir l’air naturelle, si je suis accompagné je fais durer la conversation sans me rendre réellement compte de ce que je dis mais en omettant toute conversation sérieuse qui pourrait révéler des choses sur moi même.
Lorsque je suis dans le supermarché, je n’ose pas regarder les gens, je rester collé à mon père, j’ai peur d’aller chercher un objet seule.

J’étais au salon et je n’arrivais plus a suivre la conversation car il y avait du monde, j’aurais aimé pouvoir m’intéresser jusqu’au bout à la conversation en aillant une attitude normale, notamment en souriant.
Je suis au manette d’un corps que je ne contrôle pas, j’ai l’impression d’être éloigné des situations en général mais lors d’une interaction je remonte d’une manière fulgurante à la surface. Ainsi je n’arrive pas à effectuer des gestes simple comme jeter des papiers dans la bonne poubelle, écrire mon code au distributeur, parler avec avec la vendeuse..
Tout à l’heure je me baladais dans le couloir et j’ai croisé une infirmière, je ne savais pas comment en ligne droite avoir l’air normale, ou positionner mon regard pour paraître normale, quoi faire, quoi dire.

Je me sens moi moi même lorsque je suis seule ou avec ma famille/ami, car je ne me force pas, tout est devient intéressant même les discutions les plus banales, je peux recommencer à me laisser aller, dire ce que je pense réellement, m’évaser dans des discutions plus imaginaire.
J’arrive à boire un chocolat chaud normalement sans me soucier de la gêne que je pourrais occasionner aux autres lorsque je déglutie, car généralement j’ai la bouche sèche avec les gens, j’ai du mal à déglutir encore maintenant. J’ai également l’impression que je n’articule pas bien depuis quelques semaines, que je n’arrive plus clairement à parler.
Je me sens moi même lorsque je ne me soucie pas des autres.

J’ai l’impression de ne plus réussir à penser quand je discute avec les infirmiers, psychiatres, médecins, et cætera.

Vendredi 17 novembre 2017

Ce matin je suis censé voir la psychiatre, la dernière fois nous avons émis l’idée de ma sortie, et depuis ça, je n’ai qu’une idée en tête sortir d’ici. Nous parlons aussi à propos de l’après, je ne souhaite plus devenir infirmière, donc elle m’a conseillé d’aller voir l’assistance sociale mais mon père y est fortement opposé. Ah je précise, ce n’est pas que je ne veuille plus faire infirmière, c’est surtout que pour moi c’est trop angoissant, je préférerais un métier avec moins de contact. Au lieu de ça, mon père souhaite m’envoyer chez ma grand-mère jusqu’à septembre prochain.. Je ne crois pas que ce soit la meilleure solution que de m’envoyer dans le Nord. Je me demande à quel âge je vais enfin travailler si je fais ça et qu’elle orientation j’aurais trouvé à ce moment là, pourquoi pas le faire maintenant.

Ce soir j’ai fait la connerie de dire à Q que j’envoyais des photos perverses de moi à un homme, ayant la mentalité très pieuse il m’a dit sans le dire que j’étais une salope et une connasse, voir une personne degeulasse.
J’avoue que ça m’a foutue un coup au morale.

Bien à vous, bien à moi.