L'Etranger

C'est difficile

Ces dernières semaines je me suis remise en cause, notamment car mon père a eu une deuxième discussion avec moi, plus douce, j’ai alors décidé, un matin, de faire cet effort pour lui, de ne plus être ''méchante''. A partir du jour où j’ai dis ''oui'', tout est devenu plus facile à la maison et ça m’a permis à nouveau d’envisager mon futur.
C’était le bon choix, maintenant je vois à quel point mon père fait des efforts, il déplace ces réunions, commence plus tard et finis plus tôt pour que je n’attende pas seule en ville, il mange également au restaurant avec moi le midi, il m’a trouvé mon stage, il accepte que je pratique à nouveau le hautbois (mon rêve depuis mon arrêt), c’est important pour moi tout ça.

Les journées en prépa sont vraiment difficile mais possible, les professeurs m’aident, notamment une infirmière et l’autre psychologue. Elles me dispensent de participation en cours même dans le cours de communication orale. Elles m’encouragent et me disent que j’y arriverais, ça me rassure.

De lundi à mercredi j’avais cours, c’est tellement dur vous savez et je m’en veux que ça le soit. Les autres élèves voient très bien que j’ai un problème mais je me dis qu’ils sont assez ouvert d’esprit et non portés sur le jugement. Parfois même ils me parlent, je n’ai rien contre eux. Les cours m’intéressent également et je m’axe sur ça, c’est totalement différent de l’année dernière, beaucoup plus sérieux et intéressant, par exemple cette année il y a de la biologie, j’adore ça !

Mon corps est un poids, je suis totalement sous pression en cours, une sorte d’hyper vigilance qui me fait mal, j’ai vraiment mal toute les secondes de ces heures de cours, soit par jours 7 heures de souffrance corporelle.

Je vous explique, mes poumons me brûlent, ma bouche est sèche, je n’arrive plus à déglutir alors je me met à faire les mêmes bruit que les personnes âgées. Mon cœur s’emballe énormément pour un rien, ça fait vraiment mal ça, je suis raide comme un piquet sur ma chaise, ma tête bloqué vers la gauche, je suis complètement accoudé, si je fais un geste trop vite je n’arrive plus à contrôler mon corps. Je n’arrive pas à bouger ma tête aisément, j’utilise ma main pour la bouger un peu, histoire de ne pas avoir trop mal et d’avoir l’air normal, je n’ai pas réussi une seule fois à regarder à ma gauche depuis le début. Ma tête est lourde, mes mains sont légères, contrairement à ma tête, elles ne sont pas bloqués mais je perds les rênes facilement, chaque geste est calculé. J’ai vraiment mal, ça me fatigue vraiment, c’est dur, vraiment dur.

J’ai l’impression d’être au bord d’un trou qui m’aspire physiquement, si je ne tire pas les rênes chaque seconde, je m’engouffre dedans et je ne maîtrise plus.
Ce n’est pas dans ma tête, c’est réel, dans ces trois jours, une seule fois pendant quelques secondes je me suis sentie sereine et d’un coup ma main qui tenait mon stylo s’est mise à trembler hyper fort, au point que mon stylo est tombé, ça a bien duré 10 seconde (très long). Après quoi ma souffrance intérieur est revenu et j’ai préféré la supporter que de me relâcher à nouveau.
Parfois même en me contrôlant, ma tête fait des mouvements bizarre, mon coude aussi une fois est monté vers le haut bizarrement. J’ai également fondu en larme devant ma professeure de culture générale.

Je me dis que cette situation est supportable car je réussi à suivre le cours malgré tout, les élèves ne me jugent pas, les profs m’aident, mon père fait des efforts pour moi, je reprends une ville normale et peut être j’irais beaucoup mieux grâce à ça.

Demain je vois mon psychiatre, je vais lui demander de m’aider tout de suite, que je ne peux pas attendre.
C’est tellement difficile d’être en cours, pendant des heures et des heures…

J’avais dis à mes professeurs que pour les stages il n’y aurait aucun problème car je n’avais pas tout ses problèmes là. Ce matin je suis allé avec mon père voir la directrice d’un centre de soin pour avoir mon stage, je me sentais bien, stressé mais comme tout le monde, j’ai fait de mon mieux pour avoir l’air détendu car je n’étais pas trop stressé.
En sortant mon père m’a dit que j’étais resté raide comme un piquet, que j’étais droite avec mon cou bien en l’air, que je n’avais pas rigolé une fois, ça m’a vexé car je pensais avoir l’air normale dans cette situation que j’appréciais bien. De plus j’avais rigolé, moi je m’en souviens, depuis je doute, j’ai peur de ne pas réussir mon stage dans deux semaines.

J’espère que mon psychiatre va m’aider, je veux pas rester comme ça... !

Bien à vous bien à moi.