L'Etranger

Sourd

Ce soir la discussion avec mon père a eu lieu, ''T’es méchante avec moi, je me demande ce que je t’ai fais, si j’ai fais quelque chose de mal dis le moi ?'', franchement il était à côté de la plaque, je n’ai rien contre lui.
Il m’a dit qu’il abandonnait l’idée que je fasse ma prépa, qu’il ne pouvait pas m’y forcer mais qu’il ne supportait pas de me voir comme ça, qu’au bout d’un moment il péterait un câble et que ça se passerait vraiment mal.

Cette fois-ci il m’a dit que jamais il ne me mettrait à la porte, que les fois où il l’avait dit c’était sous la colère. Il m’a expliqué qu’il détestait parler, qu’il n’aimait pas les ''blablas'', puis ça m’a choqué car il a dit ''vous, vous avez besoin de toujours parler pour rien, alors que nous on parle pour agir'', d’un coup, comme ça, il s’est mis à parler au nom des hommes. J’ai trouvé ça étrange car ça mettait de la distance entre nous, comme-ci au lieu de parler à moi, il parlait à ma mère.

D’ailleurs il m’a beaucoup parlé de ma mère, me disant qu’elle était mauvaise, qu’elle devait raconter des trucs derrière son dos et qu’elle était décidément une mauvaise mère comme elle nous avait abandonné ! Alors je lui ai dis ''Et toi tu n’as rien à te reprocher ?'', il m’a dit non, je lui est alors parlé de ma plus grande sœur qu’il avait abandonné, il m’a répondu : ''Tu vois qu’elle parle derrière mon dos ! Je ne l’ai pas abandonné, j’avais eu sa garde mais ta mère a fait appel en disant que je n’étais pas son père biologique, ça a rompu les relations entre nous !''
Je ne comprends pas son argument… ma grande sœur n’avait pas mérité ça…
Puis il a enchaîné en me disant que ma mère lui a fait des sales coup, comme essayer de lui prendre de l’argent avant de partir, enfin une histoire de signature, à la fin il m’a dit que ma mère devait être mauvaise à cause de son enfance, que c’était les circonstances atténuante.
''Tu sais ce qu’il lui est arrivé quand elle était petite ?
-Non (Je savais qu’elle avait été violé en vacance)
-Ah. euh… Et bien il s’est passé des choses bizarres, mais le plus dure pour elle s’est quand le père de [prénom de ma grande sœur] l’a quitté alors qu’elle était enceinte.''
Mon père m’a dit qu’au final il ne savait pas pourquoi elle l’avait quitté, qu’il se demandait ce que mon beau-père lui avait apporté de plus dans sa vie. Franchement je n’ai pas osé lui dire la vérité, que je savais qu’il l’a frappait, qu’il l’empêchait de sortir voir des amis, qu’il se cachait dans sa chambre quand elle invitait du monde. Maintenant avec mon beau-père elle n’était plus sous l’emprise d’un homme.

Je trouve ça étrange qu’il ne se rende compte de rien, qu’il pense toujours que ma mère l’a quitté par caprice… Bon après ma mère a ces tords, il m’a dit qu’un jour elle avait débarqué chez lui avec mon beau-père pour mener cette conversation en 2004 :
''Nous allons déménager en Belgique, comment je vais voir mes filles ?
-Tu ne les verras plus.
-D’accord.''

Ce soir je ne reconnaissais pas mon père, il ressemblait beaucoup à mon grand-père paternel, les mêmes mimiques, les mêmes discutions stériles et la même exaspération. C’était dingue à quel point je ne le reconnaissais plus, je me dis qu’en partant de cette impression, il ne doit plus du tout me reconnaître pour ce comporter avec moi comme un étranger.

D’ailleurs dans cette interminable conversation dans le noir (il ne voulait pas allumer la lumière), il m’a vraiment dit des choses méchante, je vous reprends quelques une de ces phrases :
''Tu sais moi aussi j’ai redoublé une année d’étude car je n’avais plus la motivation, je préférais rien faire mais je l’avoue, je n’aurais jamais pensé faire semblant d’avoir des problèmes psychologique.''
''Remarque, tu dois bien t’amuser a aller voir ton psychiatre, moi aussi j’aurais bien aimé avoir une personne pour parler de la pluie et du beau temps.''

Il me dit en face qu’il me comprends mais à côté il sort ce genre de phrase… J’ai l’impression qu’il pense que j’ai simplement un petit stress, celui que tout le monde connait quand il passe devant la classe. Il n’a cessé de me comparer à lui, de me dire que lui aussi il vivait ça mais qu’il arrivait à passer outre, que c’était simple de ce forcer, qu’il suffisait de le vouloir.

Au final il m’exaspérait tellement que je lui ai dis : ''Ecoute je me sens mal, je ne veux plus vivre alors effectivement j’ai un manque énorme de volonté.'', ça ne suffisait apparemment pas car il me disait que si je continuais comme ça je n’avais plus qu’à creuser ma tombe, alors j’ai rajouté ''Oui je vais me pendre si ça continue.''

Mettons les choses au clair, je ne veux pas mourir.

Je vous raconte les choses négativement car je suis un peu choqué de sa vision des choses mais au final il a essayé d’être gentil en me disant que je pénalisais autant les autres que moi même, qu’il fallait que j’apprenne à faire un effort pour les autres si ce n’était pas pour moi.

Il voulait que je trouve des choses à faire, des activités qui me plaisaient, il m’a parlé de l’équitation car j’en faisais petite mais je lui ai dit que ce n’est pas ça que je souhaiterais vraiment faire.
''Ah bon ? Tu voudrais faire quoi ?
-J’aimerais refaire du hautbois..
-Personne ne t’a jamais empêché, moi je voulais que tu continues, c’est dans ta tête.
-[Prénom de ma sœur] m’avait forcé à abandonner à ce moment là, je n’ai pas choisis.
-Tu peux reprendre si tu veux ça ne me dérange pas, pourquoi tu ne m’en a jamais parlé ?
-Je pensais que c’était taboo comme on n’en parlait jamais de cette époque là.
-Il n’y a rien qui est taboo, on peut parler de tout, il n’y a aucun problème pour que tu pratiques le hautbois !''

Ah ce moment là j’avais les larmes aux yeux car un souvenir avait refait surface, je me revoyais dans notre restaurant habituel face à mon père qui pleurait. Il ne voulait pas que j’abandonne le hautbois car il avait peur de ma belle-mère. Moi je voulais continuer le hautbois mais j’étais obliger d’arrêter car ma sœur me l’imposait en me disant que je ferais plus partit de la famille si je n’arrêtais pas. A ce moment là elle détestait ma belle-mère, elle trouvait ça inconcevable que je continue la pratique du hautbois avec elle (ma belle-mère était professeur).
Mon père pleurait tellement et moi j’avais tellement peur car je devais aller l’annoncer au conservatoire, à ma belle-mère toute seule, d’un coup sans prévenir, j’arrêtais alors que tout aller bien (dans la pratique).

J’ai dis à mon père que ma sœur voulait qu’un éducateur spécialisé m’aide au quotidien, il s’en foutait, il m’a juste dis qu’il fallait que je trouve des activités, que je ne pouvais pas rester comme ça, que je devais me motiver.

Je suis perdu.

Bien à vous, bien à moi.