L'Etranger

J'oublie mon essence, mais je compte bien l'a retrouver

Clinique jour X :

La semaine prochaine ça fera 1 mois que je suis ici, déjà… J’ai envie de sortir mais je ne vois pas de réel amélioration, sincèrement.

J’en ai appris plus sur Q, il est en dépression à cause d’une femme qu’il aimait obsessionnellement. En temps normal je trouverais ça ridicule, mais je sais que ces angoisses sont réel et en ayant vu le film ''à la folie, pas du tout'', je vois un peu le genre.
Il vient également d’un pays en guerre qu’il a fuit avec ces parents vers l’âge de 3 ans, il parle albanais.
C’est drôle mais je n’arrive pas a le cerner, un coup je lui plais, un coup j’ai l’impression d’être une abomination.

Ce matin j’ai eu rendez-vous avec la psychologue et mon père, ça s’est globalement bien passé et je sais que mon père souhaite maintenant que je prenne ma décision : Est-ce que je continue cette prépa ou non ?
La psychologue a vu tout a fait juste quand elle a dit que les enfants avec une haute efficience captaient les déceptions, les échecs, les sentiments et les angoisses de leur parent.
C’est ce que j’ai toujours dis à mon père, qu’il me devait tout car je l’ai toujours compris et j’ai toujours tout fait pour lui..

Maintenant mon prochain rendez-vous aura lieu le 17 novembre, d’ici là nous verrons bien si je suis encore ici. De plus j’ai du mal à m’évader, à me concentrer, je me demande si c’est l’effet des médicaments.

Bien à vous, bien à moi.

Clinique Samedi 4 novembre 2017

J’ai toujours souhaité croire en Dieu, j’enviais ce sentiment que peuvent ressentir les gens dans l’expression de Dieu, soit après le passage d’une angoisse à l’extase. La proximité de l’angoisse et l’extase est en nous, émotionnellement Dieu et la mort fonctionne comme un coupe d’opposés. Après une angoisse métaphysique la religion sert à revaloriser l’estime de soi, contrôler l’adversité, donner quelques certitudes pour organiser les conduites et attribuer un sens au destin qui nous accable. Je crois que c’est surtout dans un but existentiel que j’ai souhaité croire, je me sens clairement perdu dans un désert de sens. Je suis étrangère à moi même.
D’ailleurs je suis bien issu d’un milieu qui aurait du combler mes angoisses religieusement, mais c’est à la place des tuteurs de développement dont j’ai été privé.
Pour donner un exemple concret j’ai un ami qui vient de perdre son père, il s’en tourne alors vers Dieu avant de retrouver l’exaltation de sa vie. Une fois celle-ci retrouvé, il pensera que c’est grâce à Dieu qu’il a pu s’en remettre et aura le courage d’avancer vers l’avenir.

La religion apporte des bénéfices socialisateur en faisant figure de présence paternelle mais aussi renvoie au vide de la figure maternelle. On s’attache à la sécurisation qu’apporte notre mère et à celle qu’apporte pas induction la religion. Un enfant qui aura vécu un abandon précocement n’aura jamais au l’occasion d’inscrire dans leur mémoire une trace d’attachement sécurisant. Chez ces enfants tout les effraies, ils adoptent des comportements autocentrés.

En faite en ce moment je lis un livre très intéressant intitulé ''La psychothérapie de Dieu'' de Boris
Cyrulnik, il traite bien souvent dans c’est livre de la résilience.

Moi je crois en une force supérieur, je ne suis juste pas attaché à une religion en particulier, mais il m’en arrive de m’en remettre à cette force, à la prier pour m’en sortir, mais ça n’atténue en rien mes angoisses. Je ne suis pas un être convaincu… J’y crois à demi.
Je fais partie de ces gens qui sont dans cette désillusion concernant Dieu, après avoir vécu des épreuves trop intense, jugé insurmontable, je ne vois pas comment Dieu aurait pu laisser faire ça. Mais pourtant une part de moi y croit toujours, dur comme fer, c’est très paradoxale comme sentiment.

Aujourd’hui, j’ai eu beaucoup de mal à discuter avec mon père, j’étais en colère contre lui car il ne comprends pas la nécessité que j’ai a arrêter cette prépa, je n’y arriverais, je ne suis pas capable de surmonter ça, ce n’est pas ma voie. Mais il me rappelle sans arrêt toute les concessions qu’il a fait pour moi, à quel point je lui dois, surtout au niveau de cette prépa au prix exorbitant de deux milles euros.

Je le haie dans ces propos, je me haie dans ma phobie et je haie les êtres humains qui continuent leur vie autours de moi. Comment peuvent-ils être heureux dans cette putain de machine ?
''Quand on ne sait rien de ceux qui ne partagent pas nos croyances on projette sur eux, ce qui ne vas pas en nous.'' p.99 du livre. Ici on pourrait remplacer croyances par valeurs/vision du monde.

Bien à vous, bien à moi.