L'Etranger

Ma première semaine en clinique

Clinique jour 1 :

L’endroit n’est pas du tout comme je m’y attendais, c’est un hôpital, les lits sont médicalisés, la salle de bain médicalisé, les murs blanc et les fenêtres soit bloqués soit grillagés.
Il n’y a qu’un étage principal en forme de H, les quatre ailes ont différente couleurs pour différent psychiatre, moi je suis dans l’aile verte. Je trouve ça ingénieux comme système, néanmoins le psychiatre qui m’a était attitré ne me plaît guère. Il est hautain et ne sait pas ce contrôler, tout à l’heure j’ai mentionné que lors de mon stage infirmier les patients m’avaient trouvés froide ou professionnel et il n’a pu s’empêcher d’esquisser un sourire, je le haie pour ça.

Bon pour vous racontez le déroulement, je suis arrivé à 14 heures, j’ai rempli des formalités puis j’ai du attendre dans la salle d’attente pendant 20 min. Après quoi j’ai rencontré une infirmière qui m’a amené jusqu’à ma chambre et delà j’ai vu un médecin, une aide-soignante et un psychiatre.

Je m’ennuie déjà, je me demande si c’est une bonne idée que je sois là.. J’ai l’air encore plus folle que je ne le suis réellement, pourtant j’avais dis que je ne surjouerais pas et bien c’est raté, bienvenue à l’hôpital psychiatrique !

Ils m’ont enlevés mes médicaments, je me demande si j’en aurais de nouveau ce soir. N’empêche c’est vraiment le passage à la va vite, je suis toujours pas remise… Je me croirais vraiment dans un épisode de Docteur House ou Urgences.

Je pense pas que mes journées vont être palpitante, encore j’aurais eu le droit de me balader pendant quelques heures mais j’ai oublié de le demander au psychiatre, oui, il faut une permission. Pareil pour les visites, il faut également une permission… Rah je n’aime tellement pas ce psychiatre alors que le médecin est tellement gentil à côté, tellement que je ne l’ai pas reconnu haha ! Je pensais que c’était une infirmière tout simplement.

Je compte me tenir à écrire un journal pendant que je serais là, histoire de me souvenir de ce que j’ai vécu car je ne compte pas remettre les pieds dans une clinique d’aussi tôt !
Mince je dis ça, alors que j’y suis encore, c’est pas le pied ! Pourtant il faut que j’arrive à en tirer du positif, mais je ne vois pas.. Déjà les activités sont prescrire par le psychiatre donc je n’en aurais pas forcément, j’ai oublié mon paquet de clope donc je n’ai aucune sortie. C’est tellement chiant…

Faut absolument que je demande ces permissions pour sortir et un arrêt médicale de travail !

Je pense que je vais écrire pendant des heures car je n’ai que ça a faire, en faite je ne suis pas tranquille pour commencer un film ou un livre en mode détente, car je sais que n’importe qui et n’importe quand quelqu’un peut franchir le seuil de ma porte. C’est angoissant qu’il n’y est pas de clef !

Dans deux heures ça sera l’heure des médicaments, il me tarde de voir si mon traitement aura changé ou non, j’aimerais qu’il change car l’ABILIFY ne me fait actuellement aucun effet. Le but quand même c’est que j’aille mieux… de préférence.

Je vérifie les ombres sous ma porte, est-ce qu’ils vont passer là.. ? Ah non c’est la prochaine porte !
Le temps ne défile pas vite, pas même en écrivant, j’aurais du prendre mon spray nasal, je suis enrhumé et ça, c’est un réel problème !

N’empêche je répète toujours et toujours la même chose, c’est usant !

Ce soir on est venu m’apporter mon plateau repas, ça m’a fait un peu d’animation, on m’a augmenté l’ABILIFY de 10 à 15mg mais rien de plus, pas d’anxiolytique. J’aurais pensé qu’on m’en prescrirait car c’est avant tout des angoisses qui m’accablent, il faudrait que je demande au médecin ce qu’il en pensent.

Je pense à mes sorties, demain Mélissa viendra me rendre visite à la clinique, elle m’apportera un paquet de clope et une clef usb… contenant de nombreux films, ça c’est une good news ! Même si j’en ai déjà avalé pas mal de films rien qu’en une après-midi.

Bien à vous, bien à moi.

Clinique jour 2 :

Aujourd’hui en me réveillant j’avais envie de pleurer, c’est le bagne ici, c’est là que je me dis que jamais je voudrais être incarcéré en prison. Mais après tout, si j’étais chez moi, que ferais-je de plus ? La seule différence c’est la restriction de liberté et de visite, c’est quand même une grosse différence… Je ne passerais pas la semaine entière ici je pense.

Cette nuit je n’ai pas réussi à fermer l’œil, ça va sûrement me permettre de revoir un médecin pour avoir un somnifère, mais c’est une excuse, ce que je veux réellement demander c’est une permission de sortie pour aller n’importe ou mais là ou il y a de l’air frais.
J’imagine que les aide-soignantes, infirmiers, médecin, ne se rendent pas compte à quel point le temps est long pour nous : de l’attente et toujours de l’attente pour nous. Ce qui est normale, je connais le fonctionnement des services mais tout de même, ils ne se rendent pas compte.

Ce matin on m’a servit un déjeuner infâme comme le souper d’hier soir, quand on dit que la bouffe d’hôpital est dégueulasse ce n’est pas un mythe apparemment. Au moins ça me fera perdre du poids, il faut voir le côté positif, en attendant j’ai faim moi.

Nan sérieusement j’attends maintenant qu’on me fasse passer un électro-cardiogramme, même principe qu’hier quand on m’a prise ma tension. Mais jusque là tout va bien et plus je me répète que tout va bien et plus j’ai l’impression d’être folle, de ne pas être à ma place.
Pourtant si demain je retourne en prépa et bien ça ne marchera pas… Je revivrais encore une fois ce que je juge d’insupportable, tout mes problèmes physiques apparemment mentaux comme personnes ne voient rien.

Plus que 7 heures et mon amie sera là, il me tarde, dès que je l’a verrais je lui ferais un gros câlin puis j’irais fumer ma clope. Dans 1h30 mon père passera m’amener des affaires manquantes et puis voilà. Au moins ça me fera un peu d’activités, je me demande quand l’infirmière va passer pour l’électro-cardiogramme, je déteste attendre, j’ai peur d’être surpris, soit au toilette soit dans d’autres choses gênante.

J’aime bien car je discute avec ma sœur par sms et je lui dis que pour moi c’est dure, que c’est ennuyant et elle me réponds ''bah tu t’attendais à quoi ? Au club med ?''
Je trouve ça drôle ça réponse, sans aucune compassion.. Je me demande si je me conduirais pareil si j’étais à sa place ? Je pense malheureusement que j’agirais pareil en détriment de ce que je pense maintenant.. Mais dorénavant j’agirais autrement, je comprends maintenant pourquoi Sarah m’en a tant voulu lorsque je l’ai ignoré après sa tentative de suicide.. Mais j’étais tellement accaparé par mes propres problèmes et elle en avait fait une quelques temps avant.. Je ne savais pas comment réagir, ce genre de problème est délicat à traiter, en faite j’aurais simplement dû être là.

L’infirmière vient de passer, j’ai dû enlever tout le haut même le soutient-gorge, je n’ai pas forcément apprécié et on m’en a pas laissé le choix. Pourtant lorsque j’étais à Paris je n’avais pas eu besoin d’enlever tout ça.. J’en ai aussi profité pour demander à l’infirmière pourquoi je restais cloîtré dans mon chambre comme ça.. Que je voulais aller mieux et que comme ça, sa ne m’aiderait pas. Elle m’a répondu que c’était prématuré de dire ça, que c’était le psychiatre (ne revenant que jeudi) qui allait me prescrire des activités. Moi jusque là c’est long quand même et je ne souhaite pas y passer des semaines hein ! Moi je pars Vendredi ou Dimanche c’est sûre à 100%, enfin plutôt 99%..

Ma sœur vient à nouveau de mon répondre ''C’est ton choix, je sais pas quoi te dire moi'', c’est pas réellement mon choix, c’est l’infirmier qui me l’a proposé, j’ai l’impression qu’ils croient que je fais ça pour m’amuser ou pour rater les cours.

Je m’ennuyais alors j’ai envoyé un sms d’excuse à Julie et Clara, pour les avoir laissés tomber sans rien dire, en faite c’est à cause d’une émission à la télévision, des familles témoignaient de la disparition d’un proche du jour au lendemain. Je parle ici d’un acte volontaire pas un accident ou un enlèvement évidemment.

Je vais vous raconter mon après-midi qui est toujours actuellement entrain de ce passer, j’ai d’abord mangé un repas infâme, puis mon père est arrivé, il m’a rendu visite, bon de manière assez inconventionnel vu que ce n’était pas les heures de visite. J’avais un peu les jetons qu’il se fasse surprendre mais au final il n’a croisé personne et j’ai pu récupérer les affaires qu’il m’avait amené, donc mon fameux spray nasal !

Des infirmières sont venu me proposer des activités dont aller dans le salon mais je n’ose pas trop..
Pour moi ce n’est pas une activité je n’en vois pas l’intérêt.. Il me tarde que mon amie arrive soit dans 2 heures maintenant, au final le temps passe assez vite je suis contente. Demain on sera déjà mercredi et jeudi j’aurais enfin une réel prise en charge ainsi que mes sorties.

N’empêche ça se voit que je m’ennuie vu tout ce que j’écris, d’habitude je ne prends pas le temps, non par manque de temps mais plutôt par flemme. Là, ici, je suis assez poussé dans mes retranchements, et ça n’avance pas, je suis toujours aussi bloqué physiquement. Je sais je change vite de sujet mais j’écris comme je pense actuellement, ce qui est relativement vide je le conçois.

Ah mais oui, grande nouvelle ! J’ai la télévision ! Je vous assure que ça me fait un bien fous de l’avoir, ça me divertis un peu même si c’est pas le fun.

J’ai vu à 17h40 une amie, c’était super, jusqu’à 18h45, on a bien rigolé, elle a dit qu’elle reviendrait me voir jeudi. Je vous avoue que je suis passé d’une journée insipide à une belle journée rien qu’avec ces 55min. Elle est tellement gentille Mélissa, elle prends le temps pour tout le monde et surtout pour elle. C’est un avantage de taille car nous sommes dans une société ou nous privilégions autrui plutôt que nous même, ça nous perds et à l’inverse une autre part beaucoup trop axé sur l’individualiste. Je pense qu’il faut un juste milieu, nous avons autant de valeur qu’un autre, pas plus ou moins.
Tiens, l’autre jours j’ai rencontré Fanny, une amie à Mélissa et Sarah, pour vous situer je ne suis plus amie avec Sarah depuis quelques mois. Et bien quand celle-ci l’a appris, elle a pété un câble contre Mélissa et Fanny, disant qu’elle se sentait trahie et qu’elle en pleurait. Je trouve ça un peu exagéré…

J’ai enfin eu mon paquet de clope et je peux vous assurez que ça change pas mal la vie, j’ai grâce à ça pu parler à des gens de la clinique, sans avoir peur j’ai l’impression. J’y retournerais, en plus il y a un petit chat gris qui vit là bas (au coin fumeur).

Je me dis qu’avec un peu de chance j’irais mieux en sortant, en plus je vois que les infirmiers, médecins compte beaucoup sur l’Abilify car ils me demandent si je me sens mieux physiquement à chaque fois.

Bien à vous, bien à moi.

Clinique jour 3 :

Cette nuit j’ai bien dormi, en faite hier ils ont fait appelés le médecin garde pour moi, pour que je puisse avoir un somnifère. Bien qu’il ne soit pas fortement dosé, j’ai dormi comme un bébé, il n’en fallait pas beaucoup ! Au moins ça m’a évité de voir le défilé des infirmières dans ma chambre la nuit, j’espère que j’en aurais un de nouveau ce soir.

Aujourd’hui mon père viendra me voir à 14h30, bien dans les horaires de visites cette fois-ci, je me dis qu’il faut que je profite de chaque journée, après tout, je suis ici pour me reposer en premier (avant même les soins). Ce matin j’attends le passage de l’infirmière puis j’irais m’habiller, fumer une petite clope dehors, puis faire un petit some et je finirais mon film : l’Arnacoeur, qui soit disant passant est vraiment bon ! Puis l’après-midi passera assez vite jusqu’à 14h30 et ça sera pareil pour la fin d’après-midi après le passage de mon père, le faite de voir quelqu’un va vraiment me rendre heureuse.

Hier je ne vous ai pas rapporté mes dires avec les patients de la clinique, ils me disaient tous que ça faisait plus d’une semaine qu’ils étaient ici, l’un d’eux m’a dit que ça faisait bien la sixième fois qu’il était admis ici. Il m’a bien souligné que la clinique était beaucoup plus safe que l’HP et que pour lui ici, c’était des vacances.

Depuis que j’ai la télévision je regarde BFMtv en boucle, je regarde aussi des conneries comme 'c’est mon choix' ou d’autres du genre.

J’ai fait deux poses clopes, franchement c’est drôle mais ça me rend heureuse, je discute avec des gens et je prends l’air, il y a un vieux Monsieur particulièrement gentil, agréable, je suis contente !
J’ai aussi demandé une sortie à 16 heures pour aujourd’hui, je verrais si elle m’est accordé, je l’espère vraiment, ça me ferait un bien fout de pas rester cloîtré ici. I pray for that.
Au final ça me ferait une visite de mon père de 14h30 à 15h30 puis ma sortie à 16 heures, ça me ferait vraiment du bien. A ce moment là j’irais récupérer mes affaires à rattraper en maths puis je passerais à ma prépa déposer mon arrêt de travail.

Oh j’ai finis l’Arnacoeur, c’était vraiment cool ! Je trouve que Vanessa Paradis est une très bonne actrice dans ce film et qu’est-ce qu’elle est belle, j’aimerais lui ressembler ! Malheureusement je suis en tout point éloigner de sa morphologie, je dirais que je lui ressemblais déjà un peu plus lorsque je faisais 44kg. Puis j’ai bien aimé l’idée, le concept du film, celui de séduire une femme pour la libérer d’un couple, mariage qui l’a détruit. Après c’est que du comique et de la romance, parfait.

Non c’est drôle mais habituellement c’est tout ce que je déteste, je suis plutôt film dramatique mais en ce moment j’ai besoin de tout, sauf de ça, sincèrement.

Ah oui, j’essayerais de passer au macDonald pour poster ces trois premiers écrits, ça me permettra déjà de commencer à archiver et ne pas laisser traîner ces écrits dans mon ordinateur. Après évidemment je vais surtout profiter du dehors, tant que je peux, de 16 à 18 heures ce n’est pas une énorme pause, mais elle me semble importante et plus réalisable que seulement 1 heures, là ça ne permettrait qu’une petite balade, là au moins je pourrais passer à différent endroits.

Mince l’infirmier vient de passer et m’a dit que c’était assez galère pour trouver un médecin.. I pray..
Franchement s’il n’arrive pas à trouver un seul médecin je ne comprends pas.. J’aimerais tellement et savoir un petit peu à l’avance pour prévenir mon amie Mélissa, mais au pire si elle ne peut pas j’irais seulement récupérer mes affaires de maths. Il m’a aussi demandé si je n’avais pas d’idée noire et ça allait, j’ai répondu que oui.
De toute manière j’ai l’impression qu’ils ne comprennent pas en quoi ça ne va pas, si je songeais à me tuer ce n’était pas parce que j’étais malheureuse ou quoi, c’est simplement car je ne supporte plus la situation.. D’ailleurs de sortir ça me permettrait de juger si je me sens mieux ou non.

Si je rejoins Lili au macDonald, je verrais très bien si le médicament est mieux adapté ou non, ce sentiment me fait déjà de la peine. Je ne veux pas qu’il m’arrive quelque chose de mal, je ne supporterais pas un malheur de plus, une outrance, un humiliation de plus..

En faite c’est clairement de ce manque de confiance que naît le problème, j’ai tellement eu confiance en moi et j’ai tellement eu d’expérience négative que je ne peux plus rien supporter. J’aimerais avoir cette force, celle qui me dit que peut importe, j’ai le droit d’exister aux yeux des autres, droit d’avoir un avis, des envies, des désirs et des erreurs.

Je dois aussi supporter le malheur des autres, notamment dans la branche ou je souhaite travailler, car même en regardant un film triste ou les infos je m’effondre.. Ce n’est pas normale d’être aussi émotive, je n’étais pas comme ça avant, je dois cesser d’être aussi empathique.

C’est vrai qu’ici j’ai l’impression d’aller bien mais parce que je suis entourée de gens bien, de personne souffrante, et souvent ça découle d’un besoin humaniste. C’est comme moi, je souffre de moi et des autres car j’ai des valeurs, de grande valeur. Je crois décidément en Dieu, il m’aide et m’écoute, je prie de plus en plus souvent pour lui, pour sa pitié, pour sa bonté.

C’est idiot, mais le gens ne s’aident que dans la douleur, je parle bien d’une douleur apparente, sinon tout le monde s’en fous de la petite vie de chacun. Personne ne pense à demander à ces proches réellement ce qu’il ressente, ou bien à un sdf de quoi il a réellement besoin. Non, au lieu de ça, on est heureux de faire ça B.A en donnant quelques centimes qui ne lui serviront strictement à rien. Non, ça devrais être au gens de saisir la justice et de les aider, personne ne devrait être dans le rue, c’est d’une monstruosité et moi oui, moi je fais partie de ces gens qui ne font rien.. Mais je me rassure en me disant que lorsque j’aurais un boulot, vraiment j’agirais, je pourrais pas aider tout le monde mais au moins un, comme il faut, lui fournir un logement et lui permettre un tremplin dans sa vie.

Je me rends compte de l’inhumanité des gens, je crois que je vois bien trop cela plutôt qu’autre chose mais il faudrait que j’arrive à voir le côté positif, ne pas les voir tous comme les monstres qu’ils sont. Non il y a certainement des points positifs chez ces choses ingrates et sales.
Dieu les a créer, tout comme moi, je suis leur égale pas dans une bulle spéculative qui me protégerait du vice, j’y suis dans le vice.

Au final je crois qu’ils ne me l’accorderont pas aujourd’hui, la permission, un infirmer est venu me voir pour me dire qu’il n’avait pas trouvé de médecin mais qu’il fallait tout de même que je demande aux infirmières dans l’après-midi au cas ou, ça me rends triste. Mais bon, dans le pire des cas mon père vient me voir tout de même donc c’est à demi-mesure, j’aurais une activité tout de même.

Il est donc venu pendant deux heures, on fait des maths, j’ai pleuré, on a discuté, c’était sympas. Je suis contente qu’il soit venu passer autant de temps avec moi. Mais j’ai de plus en plus peur que ce soit pendant deux semaines mon séjour ici.. Au final après ça, une infirmières est venu discuter avec moi, de mes problèmes, pendant 1 heure, elle m’a dit que j’essayais d’être un miroir pour les autres, qu’il fallait que j’arrive à souffler et à découvrir ma réel identité derrière tout ça. En faite le réel problème c’est que je ne supporte pas la manière dont les gens me voient, que je ne supporte pas mon enveloppe corporel, que j’aimerais juste être ce que je suis, un âme. Mais malheureusement on ne sépare pas l’âme du corps. Je suis clairement étrangère à moi même.
Mais je suis réaliste et non pas dans un délire chelou, je sais bien que c’est chose impossible, qu’il faut seulement que j’arrive à maîtriser mon corps, les manettes sont juste mal huilés, j’espère non manquante.

Ce soir au coin fumeur c’était assez drôle, j’ai réussi à rire également, je trouve les gens assez sympas, plus sympas que dans ma prépa au concours IFSI, les gens sont beaucoup moins intrusif pourtant on partage un même sentiment.

C’est drôle mais j’ai l’impression de revivre la solitude que j’avais à Bordeaux ici, je trouve ça assez difficile.. Si je pouvais m’enfuir je le ferais directement mais ça m’avancerait à quoi ?

Clinique jour 4 :

Aujourd’hui réveil par une prise de sang, un bilan + thyroïde, la première fois c’était raté, elle a du piquer l’autre bras, c’est le genre de chose qui arrive, j’en ai rigolé avec elle. En plus c’était moi qui avait insisté pour qu’elle pique le bras le plus dure. Elle m’a dis que désormais elle ne m’écouterait plus haha
Puis précédé du petit déjeuner à 7h45, j’ai faim, ça ne me plaît pas ce qu’on me propose, je me demande si j’aurais perdu des kilos en rentrant chez moi. Puis je me suis recouché jusqu’à 9h30, j’étais fatigué et je pense que demain je dormirais jusqu’à 10h comme personne ne passe avant cette heure là. En faite le problème c’est que je ne me souviens plus à quel heure passe la femme de ménage, sinon je pourrais dormir plus encore.
Au final en allant chercher de l’eau j’ai vu les femmes de ménages dans l’aile droite basse du H, donc je pense qu’il vaut mieux que je me lève maximum à 9h30 pour avoir le temps de me préparer et de libérer la salle de bain.
Aujourd’hui, d’habitude je devrais avoir ma permission car le médecin est présent dans les locaux, d’ailleurs je suis censé l’a voir aujourd’hui.

Je me dis qu’ici, j’écris tellement pour ne rien dire, mais je m’ennuie tellement, je n’arrive pas à m’y faire, je n’arrive pas à rien, à rester branché comme une loque devant mon poste de télévision.

Je préférerais être avec mon petit chat, discuter avec des hommes bizarres sur des forums bizarre, voir mon amie Mélissa dès que je le souhaite (et qu’elle le peut évidemment), dormir dans mon lit jusqu’à pas d’heure et aller me balader dans la nature autours de chez moi. En ce moment j’ai de plus en plus envie de faire des balades même si je ne vais jamais très loin. Ma dernière balade remonte à Dimanche, seulement 5 kilomètres mais j’ai bien trimé.. J’avais des bottes et un pantalon en deux tailles de moins, du coup c’était hyper difficile tout ça, sous la chaleur.

Je suis tellement contente d’avoir ma permission (même si je l’ai pas encore), j’y pense, j’y pense et j’y pense ! Je suis heureuse après je l’aurais pour tout les autres jours ! Mon père m’a déjà envoyé un message pour me dire qu’il viendrait me voir si jamais je n’avais pas ma permission, mais je l’aurais, je n’ai aucun doute aujourd’hui. Bah oui, pour le médecin dirait non ? Je n’ai pas d’idée noire, je suis assez contente donc ouiii je pourrais sortir !

Bon le seul hic, c’est qu’habituellement j’aurais du voir Mélissa, mais elle est occupé, c’est l’anniversaire de Sarah.. Je lui enverrais un petit message d’ailleurs, même si elle, ne l’a pas fait pour mon propre anniversaire. Mais on doit donner et pardonner, donc je le ferais, sincèrement.

J’aimerais que le société soit différente, qu’on puisse vivre comme on le souhaite sans nous obliger à nous inclure systématique dans ce système incroyable. Incroyable par sa logistique, mais manquant fortement d’humanisme. Je voudrais la société des premiers chasseur-cueilleur.
J’ai fait ma deuxième pause clope, soit ma quatrième clope, je fume ici de deux en deux, voir de trois en trois. Je ne sais pas s’il y a un rapport direct mais mes selles deviennent de plus en plus odorante et similaire au crotte de chien desséché dans la rue. Je me dis également que c’est peut-être dû à la qualité des repas dans la clinique, soit je ne mange rien soit j’ai envie de dégueuler.

Le médecin est revenu pour me planifier des activités et me prescrire un anxiolytique léger, j’ai raconté encore une fois les mêmes choses, ça m’a fait du bien. Je vous en dirais un peu plus sur la nature de ces activités une fois que je les aurais vécu.

C’est bon j’ai ma permission, dans deux heures je pourrais sortir, au bonheur ! Je sais que le temps peut vous paraître long par écrit, mais pour moi c’est tellement court deux heures ! Comme ma permission d’ailleurs..

Mince il ne me reste plus qu’une clope ! J’irais en racheter tout à l’heure ce n’est pas grave. Je n’ai d’ailleurs plus beaucoup de serviette hygiénique, j’irais également en racheter, oui, moi, toute seule !

Au coin fumeur, le Monsieur qui me parlait s’appelle Christophe, je l’écris ici pour me souvenir et ne pas faire de gourde. Je ne sais pas ce qu’il a, je connais juste des détails comme il a un œil sur la main gauche et un grand tatouage dans le dos : un masque chinois pour remplacer son tatouage de l’armée. J’imagine qu’il a peut être fait la guerre d’Algérie et qu’il a tenté d’effacer des souvenirs trop difficile. Après il n’y a pas vraiment de signification à ces tatouages, dommage car ça avait l’air intéressant, peut-être ne veut-il tout simplement pas me le dire ? Il est astigmate aussi, bon rien d’extraordinaire mais je trouve ça intéressant tout ces détails, ce sont les seules choses que je connaisse de lui.

J’ai donc effectué ma permission c’était vraiment cool, je suis allé me racheter un paquet de tabac puis j’ai pris le bus jusqu’au centre ville pour avoir les cours manquant, j’ai donc vu une fille de ma classe c’était bien. Puis j’ai mangé une crêpe au Nutella et un coca dans un café avec mon père, enfin il est resté avec moi jusqu’à 18h30.
Vous savez une fois dehors, c’était une vrai bouffé d’air frais, j’en avais les larmes aux yeux, je crois que je suis beaucoup trop sensible à la solitude. Ah oui, j’ai demandé une permission pour Samedi après-midi entier, je suis tellement heureuse mais déçu qu’on ne m’accorde pas le matin en plus. Apparemment chaque chose en sont temps à dit le médecin, il m’a aussi dit que je resterais deux semaines..

N’empêche je me sens encore plus oppressé en revenant entre ces murs, c’est dingue comme je ressens le vide de Bordeaux, si seulement je pouvais m’enfuir. Je déteste, ce vide, je haie le vide.
J’ai le corps en fusion, c’est de la torture d’essayer de rester assise sur une chaise devant la télévision. Je me demande si tout les patients ressentent la même chose, je me dis que peut-être ils s’y sont fait.

C’est maintenant l’heure du repas, je vais vous laisser sur cette note, même si je ne sais si ces écrits sortiront un jour. C’est tellement répétitif mais je m’ennuie, comprenez et pardonnez moi.

C’est enfin le soir, une journée de plus terminé, je suis contente, les médicaments ne me fatiguent pas trop donc j’ai le temps de regarder un petit film ou la télévision, puis un petit somnifère et ça en est finis de ma journée.

Clinique jour 5 :

Ce matin j’ai fait la grasse matinée jusqu’à 10 heures (bien que j’ai pris mon petit déjeuner à 8h15), j’ai attendu de 7h45 à 8h15, je voyais bien que l’infirmière ou l’aide soignante était pressée.
Hier soir, on m’a donné mon planning d’activités : -une réunion d’accueil
-thérapie corporelle
-Temps d’interaction
Ce matin déjà la réunion d’accueil était annulé, tant pis, j’avoue que j’étais à moitié déçu, à moitié sauvé, je me sentais oppressé devant tout les gens qui ne parlaient pas mais déçu car j’aurais aimé avoir de l’activité jusqu’à midi pile. Au lieu de ça, je suis allée fumer avec les gens de la clinique, on a tous fait les présentations mais j’ai déjà oublié tout les prénoms, je n’ai retenu que Nathalie et Christophe, et je ne sais même plus qui est Nathalie.
C’est con mais je viens juste de comprendre la construction du mot prénom, pré-nom, oui j’ai mis 19 ans à comprendre ça, décidément je ne suis pas fut-fut. C’est comme Bordeaux : Bord de l’eau, enfin ça se trouve pour ça je dis des conneries.
Bref, une des femmes étaient une ancienne cadre infirmière, du coup elle refusait de se faire aider, je lui ai tenu la porte et ça l’a contrarié. Et moi qui suis en prépa infirmière, je me pose des tas de questions, est-ce que réellement je souhaite faire ça ? Au moins ici j’ai le temps d’y réfléchir..

Aujourd’hui j’ai super bien mangé, c’était du poisson et des tomates à la provençale, avec en dessert du fromage blanc et une banane. Merci pour ce repas ! Pour une fois que je ne jette rien aux ordures depuis que je suis arrivé, je suis contente, ça me faisais chiez de tout laisser à chaque fois.

J’ai discuté avec une femme qui semblait assez sympas et jeune à 14h15, on a discuté du temps qui était long, qu’elle faisait du dessin et écoutait la musique sur Youtube à perte de temps. Elle semblait intelligente, disait qu’on devait se remettre en question sur notre entourage et sur nous mêmes, d’où le temps qui était assez long ici. Seulement elle a lâché dans la conversation ''Les voitures m’énervent à tourner en rond, tout les gens m’énervent décidément aujourd’hui..''.Après quoi je suis partie directement, je ne voulais pas l’embêter…

Clinique jour 6 :

Chaque matin j’émerge d’un rêve de liberté, n’importe lequel mais là où je suis libre, alors le réveil est plein de stupeur.. Aujourd’hui j’aurais une permission de 14 à 18 heures, je suis contente, je retrouverais un peu plus de liberté, juste pour un après-midi. Je me demande vraiment combien de temps je vais rester ici, je viens de parler à une infirmière qui ne savait pas vraiment quoi me dire, je l’ai bien vu.
J’espère que ça ira mieux, ils me parlent d’angoisse, d’où l’Antarax qu’on ma prescrit. Pour l’instant je ne vois pas de différence, ils me demandent si je suis fatigué, je n’arrive pas à répondre que oui, peut-être car je le suis constamment et je ne vois pas la différence avec d’habitude.

Bien à vous, bien à moi.